ComicsAZ News

Pourquoi pas !
Archives
Catégories
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Le Mariage de George Clooney et Amal Alamuddin
  • Sans titre
  • Sans titre

La bande dessinée migre sur le web et ses auteurs sont dans le flou

BD: Eviter le divorce

La bande dessinée migre sur le web et ses auteurs sont dans le flou. Comment vont-ils être payés? Quel sera leur statut? Ils revendiquent une clarification. Décryptage…

La BD numérique vue par Toundra pour « 20Minutes ». /DR

« Nous ne sommes pas une variable ajustable de la chaîne du livre et pourtant on nous oublie, on nous met devant le fait accompli. Il y a un aspect très infantilisant, désagréable, voire un tout petit peu méprisant de la part des éditeurs ». Pour Fabien Vehlmann, scénariste de bandes dessinées, c’est là tout l’enjeu du débat : il s’agit de parvenir à une compréhension entre éditeurs et auteurs de bandes dessinées. « Rien à voir avec le débat d’Hadopi, ou le piratage » précise-t-il. Il n’y a selon lui aucune hostilité à voir les œuvres migrer sur la toile. Les auteurs veulent simplement ne pas être oubliés lors de la migration.

Le 5 mai, près d’un mois après le lancement de l’Appel du numérique, une journée de mobilisation des auteurs réunissait différents membres du secteur pour réfléchir à la situation, et aux meilleurs options pour contenter tout le monde.

Incertitudes
« Les auteurs sont dans une extrême incertitude concernant l’exploitation de leurs œuvres sur les supports numériques », explique Emmanuel de Rengervé, délégué général du Syndicat national des auteurs et des compositeurs. « Quand les auteurs discutent de leurs contrats pour le papier, ils savent à quoi s’en tenir, combien coûte une BD, combien elle peut rapporter. Pour le numérique ils l’ignorent – tout le monde l’ignore, c’est un marché balbutiant. Mais les éditeurs voudraient quand-même qu’ils cèdent leurs droits, comme pour le papier. Donc pour jusqu’à 70 ans après leur mort. S’ils sont trentenaires aujourd’hui, ça fait environ 130 ans. C’est long 130 ans dans un monde où les bouleversements surviennent tous les ans ».

Sur chaque oeuvre, les auteurs de bande dessinée ont un pourcentage fixe qui leur revient (8%). Une BD papier coûte une dizaine d’euros. Et si une BD numérique coûtait seulement deux euros ? Le revenu des auteurs chuterait. Alors même que le coût de revenu pour l’éditeur devrait chuter sur internet : une étude de mai 2010 le montre.

« Ce que les éditeurs ignorent aussi, c’est la question de la TVA. En France, la TVA sur les livres est de 5,5%, bien inférieure à celle des produits de consommation courante. Et sur le livre numérique ? » s’interroge Emmanuel de Rengervé. Le rapport Zelnik propose aussi un taux à 5,5%, mais pour un livre numérisé identique à la version papier : pas grand intérêt. Et même ainsi, il faudra l’assentiment de l’Union européenne, ce qui n’est pas gagné.

Le divorce
Chez Dupuis, l’éditeur Louis-Antoine Dujardin concède qu’il « comprend les angoisses des auteurs », mais tout est fait pour les apaiser. « On ne prétend pas avoir toutes les réponses, mais on montre à nos auteurs les projets sur lesquels on travaille, on leur dit les questions qu’on se pose, on discute. Pour l’instant, il n’y a pas d’affrontement, mais une incompréhension, peut-être ».

Ce dialogue revendiqué, les auteurs ne le vivent pas toujours comme tel. « Le syndicat des auteurs de BD existe depuis trois ans et il a obtenu un seul rendez-vous avec le comité BD du SNE. Mais c’était plus un monologue du SNE qu’une discussion. On a été frustrés et en colère ».

Face à ces dissensions, certains auteurs songent à s’auto-éditer sur le web. Certains sont même ravis d’être débarrassés des éditeurs : « les éditeurs vont mourir et c’est tant mieux » peut-on lire sur la toile.

Le risque dans de telles conditions, c’est que seuls les auteurs déjà connus survivent. Ou que seuls ceux qui en ont les moyens financiers se lancent. « Une BD, c’est souvent un an de boulot incompressible, à temps plein, souligne Fabien Vehlmann. Le fonctionnement avec des éditeurs permet d’avoir des avances. Si un auteur s’auto-édite, il n’y aura plus de talents à dénicher. Donc les éditeurs sont en train de se tirer une balle dans le pied je pense, à ne pas assez dialoguer ».

Le secteur de la bande dessinée est en plein boom, les lecteurs innombrables. Il faudra que les maisons se dépêchent de s’adapter s’ils ne veulent pas perdre la force vive du secteur.

Charlotte Pudlowski, 20minutes.fr

Articles apparentés